Il est natif de Glo-Djigbé et non d’Adjarra.
La sortie médiatique du candidat de l’Union fait la Nation sur l’affaire ICC-Services a suscité des réactions au sein de la mouvance présidentielle. A défaut d’un argumentaire de poigne pour contrer Me Adrien Houngbédji, les griots du régime du Changement n’ont trouvé d’autres voies de recours que l’intoxication pour calmer leur conscience. Ainsi, ont-ils tôt fait d’insinuer au cours de leurs diverses sorties médiatiques que le sieur Emile Tégbénou était originaire d’Adjarra et par conséquent militant du PRD. Un pur mensonge pour ceux qui connaissent l’histoire de ce dernier.
Emile Tégbénou directeur général Ouémé Plateau de ICC-Services aurait pu se faire appeler Emile Hounsoukpévi, comme ses autres frères Honoré, Joseph etc. Pour des raisons qu’on ignore, son père Abel Tégbénou Hounsounkpèvi a préféré que le jeune Emile porte Tégbénou et non Hounsounkpévi. Hasard de vie, ou signe des temps, ce natif de Glo-Digbé est le seul membre de sa famille à connaître un destin particulier parmi ses frères.
Qui est Emile Tégbénou ?
Forgeron de formation, Emile Tégbénou a connu une enfance particulière à Glo-Djigbé, son village natal. Décidé à sortir à tout prix de la pauvreté, il a pris durant toute sa vie des initiatives en matière de collecte de fonds. Il eut été un grand financier s’il avait eu la chance d’aller à l’école. De lui, les gens de sa génération retiennent, un homme plein d’initiative. Certains disent qu’il était né pour la collecte de fonds à travers les tontines classiques qu’il organisait à Glo-Yékon, Glo-Kpossouhoué et autres villages. C’est d’ailleurs à travers les tontines classiques qu’il organisait, qu’il fit la connaissance de monsieur Nicolas Houngbémey (Chef Agence ICC-Sèmè) et président Clcam/Akassato à l’époque. De sources crédibles, il serait recruté par ce dernier comme animateur. D’autres sources indiquent également qu’il était le chargé de mission de Nicolas Houngbémey connu sous le nom de ‘’tout chaud’’ quand il était élève au CEG Abomey-Calavi. De la relation Emile-Nicolas, il faut retenir, qu’un prêt de 20 millions resté impayé avait été fait à Emile Tégbénou pour un projet de taxi-ville. Le pot au rose ayant été découvert, Nicolas Houngbémey fut viré de la Clcam Akassato et Emile Tégbénou est allé se refugier à Porto-Novo.
De la naissance de ICC-services
Dès la conception du projet ICC-Services, Guy Akplogan a fait recours a Ludovic Dohou. Compte tenu de l’expérience de son cousin germain en matière de collecte d’épargne, ce dernier lui fit appel. Par la suite, Nicolas Houngbémey, ami de vieille date d’Emile Tégbénou a rejoint le groupe. Ainsi, commençait l’opération de collecte des épargnes au sein de l’Eglise du Christianisme Céleste suivant le mode d’organisation des Clcam. A partir de 2007, l’activité s’est développée et a pris d’autres dimensions. En 2008, suite à une crise interne, les promoteurs de ICC-Services ont décidé de procéder à une décentralisation de leurs activités. Ainsi, les différentes régions du pays furent partagées à tour de rôle entre les promoteurs. Bien entendu, chaque promoteur avait son autonomie de gestion.
L’implication des Cauris
Dans le souci de protéger leurs activités, les responsables de ICC-Services ont été unanimes sur l’opportunité d’infiltrer l’appareil d’Etat. Ce qui fut rapidement fait. Chacun d’eux se rivalisait d’initiative en la matière. Quid dans tel ou tel ministère, quid dans telle administration ou l’entourage immédiat de Boni Yayi.
De sources crédibles, on apprend que c’est sur les conseils de l’ancien ministre de l’Intérieur, d’un ministre encore au gouvernement puis d’un chargé de mission du Chef de l’Etat que Emile Tégbénou a été conseillé de prendre la Direction de ICC-Services Ouémé Plateau. L’objectif de ces derniers était purement politique. « Emile, si tu parviens à contrer l’opposition dans l’Ouémé, nous te ferons député soit à Adjarra soit à Glo-Djigbé chez toi », a-t-il reçu comme mission.
On comprendra par la suite pour quelle raison Emile Tégbénou, une fois fortuné a commencé par faire des œuvres sociales dans son village natal à Glo-Djigbé en compagnie des députés Forces cauris pour un Bénin émergent, du maire de la localité et du ministre de l’Intérieur.
La mine d’or
En conseillant à Emile Tégbénou d’aller s’installer à Porto-Novo et périphérie, les Cauris ne savaient pas qu’il lui donnait la clé de la caverne d’Ali Baba. Alors qu’il voulait revenir à Abomey-Calavi pour laver son honneur par rapport à l’affaire Clcam. Finalement, il a dû y renoncer au profit d’Adjarra. Il ne peut en être ainsi car il y avait trouvé refuge après sa fuite d’Akassato.
En quelques semaines d’activités, Emile Tégnénou s’est retrouvé à la tête d’une fortune. Les contrebandiers d’Adjarra et les commerçants de Porto-Novo se sont retrouvés dans son portefeuille. Chaque semaine, plusieurs centaines de millions étaient déposés dans les Agences de ICC-Services à Porto-Novo et Adjarra. Emile Tégbénou s’est retrouvé aux Anges. Il était en surliquidité par rapport à Guy Akplogan et les autres. Dès lors, sa seule ambition était de détrôner Guy Akplogan puis se retrouver au Palais des gouverneurs à Porto-Novo comme le lui avait conseillé ses acolytes au pouvoir.
Dans cette optique, il a confié l’agence ICC-Sèmè à son vieil ami Nicolas Houngbémey. Contre toute attente, ce dernier découvre à son tour une nouvelle mine d’or, constituée cette fois-ci des épargnants nigérians. La vie devient belle. Les analphabètes devenus millionnaires. Tous les rêves sont alors permis. Le tandem Nicolas-Emile étant ainsi reconstitué, la prochaine bataille sera l’éviction de Guy Akplogan et l’exercice d’un mandat électif au cours de la prochaine législature afin de bénéficier de l’immunité parlementaire et de se mettre à l’abri. Avec l’argent, on peut tout faire.
Tégbénou le messie
Fort du soutien de ses appuis au gouvernement et à la présidence de la République, Emile Tégbénou a mis en branle la deuxième phase de son plan. Selon certaines sources, c’est dans la soirée du 31 juillet 2009, qu’il a dû renoncer à sa députation dans l’Ouémé au profit de l’Atlantique (Abomey-Calavi). Ainsi a-t-il entamé des sorties publiques en compagnie du maire de la Commune d’Abomey- Calavi et des députés FCBE dans les arrondissements. Le futur député de la localité préparait ainsi sa campagne à travers des dons de diverses natures, la réalisation d’infrastructures sociocommunautaires. Dans l’arrondissement de Glo-Djigbé, dans la commune d’Abomey-Calavi, il a construit un château d’eau et offert plusieurs millions de francs CFA aux groupements féminins. C’est le nouveau messie. Les thuriféraires du régime du Changement venaient s’approvisionner en billets de banques frauduleusement collectés. Tous se jetèrent sur lui jusqu’à ce que la marmite tarisse, brisant ainsi les rêves du forgeron devenu financier.
Triste fin
Les conseillers ne sont pas les payeurs. Compte tenu des difficultés actuelles du sieur Emile Tégbénou, ses anciens amis le rejettent. Ils trouvent qu’il est natif d’Adjarra, le village d’origine du leader du PRD et non de Glo-Djigbé. Ce faisant, ils ont oublié que c’est sur leurs conseils qu’il a choisi la direction ICC-Services de l’Ouémé-Plateau. Aujourd’hui, que le masque est tombé, les uns et les autres doivent apporter leur part de vérité. Malheureusement, comme c’est leur habitude, les valets du Changement refusent d’assumer leurs responsabilités dans cette scabreuse affaire.
Marcel NOUMON (24h au Bénin)
Je voudrais préciser que je prends la parole cet après midi, mandaté par l’Union fait la Nation, pour donner son point de vue sur le scandale ICC qui secoue l’Opinion publique et la République.
Vous seriez fondé à vous demander pourquoi avoir laissé passer tout ce temps depuis que l’affaire a éclaté, avant de réagir ? Vous auriez raison...
Je voudrais dire à ce sujet qu’en réalité, c’est l’Union fait la Nation qui la première a décidé de faire une marche de solidarité avec les victimes de cette affaire. Cette marche aurait dû avoir lieu lundi de la semaine dernière.
Nous y avons finalement renoncé, pourquoi ?
Nous y avons renoncé pour ne pas rentrer dans la logique de provocation qui est celle du pouvoir en place. Vous avez observé en effet que chaque fois que l’opposition organise une manifestation, le pouvoir Yayi Boni se dépêche d’organiser une contre-manifestation le même jour, à la même heure et souvent sur les mêmes lieux. C’est ce que nous appelons la logique de confrontation. Car lorsque des militants de chacun des deux camps se rencontrent à un tel endroit, il est facile de deviner que ce n’est pas pour se faire des bisous. Et singulièrement dans cette affaire là, si nous avions organisé nous autres une marche de solidarité ce jour là avec les victimes, vraisemblablement les marcheurs de la mouvance auraient créé des incidents préjudiciables à l’ordre public et à la paix dans notre pays.
Ce sont des irresponsables. Et comme nous autres, nous ne sommes pas des irresponsables, comme l’Union fait la Nation est quand même composée dans ses structures par un ancien Chef d’Etat, par trois anciens présidents de l’Assemblée Nationale, par des anciens ministres, par des députés ; puisque l’Union fait la Nation constitue un parti de gouvernement, nous avions l’obligation non seulement d’éviter la logique de provocation, mais de nous donner le temps, le recul nécessaire pour nous informer, pour faire des investigations et pour recueillir les éléments qui nous permettent de donner notre point de vue sans grand risque de contestations . Et pour ma part vous me connaissez je ne dis jamais rien en public qui ne puisse être vérifié.
Voilà les raisons pour lesquelles nous avons pris un peu de temps avant de nous présenter à vous aujourd’hui.
Nos premiers mots sur cette affaire seront des mots de compassion et de solidarité à l’endroit des victimes. En effet c’est par centaines de milliers que se chiffre le nombre de nos compatriotes victimes directes ou indirectes du scandale ICC. On ne compte pas le nombre de pères de familles, le nombre de mères de famille, le nombre de nos sœurs, de nos frères, des travailleurs, des étudiants et j’en passe, qui se trouvent aujourd’hui spoliés.
Aucune fraction de la classe sociale de notre pays n’est épargnée.
Je voudrais au nom de l’Union fait la Nation leur présenter nos sentiments de solidarité et de sympathie. Les sommes escroquées s’élèvent d’après nos sources à plus de cent milliards de francs CFA. Nous exprimons donc notre compassion à nos compatriotes spoliés mais nous exprimons aussi notre compassion à l’ensemble de notre peuple car il n’y a pas si longtemps encore le Bénin était partout présenté comme un modèle de démocratie, comme un modèle de gouvernance et voici qu’aujourd’hui, la presse internationale ne parle plus de nous que comme étant les champions du scandale financier. Notre peuple mérite mieux et nous nous devions de lui présenter aussi notre compassion.
Scandale ICC, de quoi s’agit- il en réalité chers amis ?
ICC est une ONG créée sous le régime de la loi de 1901. C’est –à –dire une simple association. Cette simple association s’est livrée à des activités de collecte d’épargne.
Au Benin, dans notre pays, la collecte d’épargne est régie par deux lois.
Il ya la loi du 27 Juillet 1990 qui porte réglementation bancaire et il ya la loi du 08 Aout 1997 qui porte réglementation des institutions mutualistes ou coopératives d’épargne et de crédit.
Aux termes de la première de ces lois, pour collecter des fonds de façon habituelle et professionnelle, il faut être une banque. Ce n’est pas le cas d’ICC.
Par dérogation à cette première loi, la deuxième loi que j’ai citée dispose que les mutuelles et coopératives d’épargne peuvent solliciter des fonds. Mais pour se prévaloir de la qualité de mutuelle, de la qualité de coopérative, il faut que la structure concernée ait été formée sous forme de mutuelle ou de coopérative. Ce n’est pas non plus le cas d’ICC.
Et enfin, encore à titre dérogatoire, pour favoriser l’épargne de proximité, la deuxième loi que j’ai citée a prévu que même si une structure n’est ni une banque, ni une mutuelle, ni une coopérative, cette structure peut se voir octroyer des fonds, mais alors par une convention signée avec le Ministre des finances et l’économie après avis préalable de la BCEAO. Ce n’est pas non plus le cas d’ICC.
Par conséquent force nous est de dire qu’ICC a opéré en toute illégalité.
Ces activités là consistent en gros en quoi ?
A appâter les épargnants en leur proposant des taux d’intérêt mirifiques, 100%, 200%. Ces taux ne sont possibles que grâce à une collecte permanente et plus rapide que les remboursements. Pour pouvoir rembourser quelqu’un qui a déposé son argent au taux de 100% ou de 200% en un an, il faut nécessairement que ce soit à la suite d’une collecte permanente massive, plus rapide que le rythme de remboursement.
Ça marche un certain temps, mais ça finit toujours pas s’écrouler. Les banquiers appellent cela Epargne pyramidale. En prenant l’image de la pyramide qui s’écroule et plus techniquement ils appellent cela la chaine de PONZI. PONZI est le nom du célèbre escroc américain qui a initié pour la première fois le système. C’est joliment dit n’est-ce pas ?
Epargne pyramidale, chaine de PONZI...
Mais les juristes, les pénalistes surtout eux, ils n’appellent qu’un chat, chat.
Et ces juristes disent ça, c’est de l’escroquerie à grandes échelles, il n’y a pas d’autres mots.
Alors puisqu’il s’agit d’escroquerie, il faut démontrer qu’il s’agit d’escroquerie.
J’ai dit que le procédé est celui de la collecte à grandes échelles.
Vous avez vu, vous avez entendu, cent cinquante mille épargnants, certainement plus, cent milliards de fonds collectés.
Chers amis ce ne fut pas dans la clandestinité. Ces fonds ont été collectés sur la place publique avec des spots et des encarts publicitaires à la télévision, à la radio avec mention et indication des taux d’intérêt servis. Je l’ai dit tout à l’heure 100%, 200% à l’année. Donc ce n’était pas une activité clandestine, c’était une activité exercée au vu et au su de tout le monde. C’est une activité qui a été protégée par le pouvoir pendant quatre ans.
En effet, ICC a commencé ses activités en 2006 dès l’avènement du régime Yayi Boni. Les ministres des finances s’appelaient à cette époque Irénée KOUKPAKI et LAWANI. C’est donc eux qui auraient dû signer la convention autorisant ICC à opérer. Ils n’ont rien dit.
J’ai dit tout à l’heure qu’il fallait avant la convention, l’avis du directeur de la BCEAO. Le Directeur national de la BCEAO à l’époque jusqu’à une date récente s’appelle Marcel de SOUZA.
Chers amis, cette activité s’est poursuivie jusqu’en octobre 2009 et c’est en janvier 2010 que la cellule de surveillance des structures financières décentralisées a diligenté une soi disant mission d’information pour savoir que fait ICC, c’est-à-dire il ya seulement quelques mois. Et à la suite de cette mission, le gouvernement a adressé de simples injonctions aux dirigeants d’ICC.
Savez- vous pour quels motifs ?
Parce que le gouvernement a des difficultés à rencontrer ces dirigeants.
Ce que je dis là, je ne l’invente pas !
Il suffit que vous preniez la réponse faite par le gouvernement aux questions orales des députés.
Ces vérités-là sont dans la réponse du gouvernement :
- à savoir que c’est seulement en Octobre 2009 et en Janvier 2010 qu’ils se sont préoccupés de savoir ce que fait ICC,
- à savoir qu’ils ont envoyé sur place une mission d’information, que la mission d’information n’a pas réussi à rencontrer les dirigeants d’ICC et qu’on s’est contenté donc de leur adresser une injonction.
Ce à quoi moi j’aurais répondu qu’il leur suffisait pour rencontrer les dirigeants d’ICC d’aller s’asseoir à la Présidence de la République, ils les auraient certainement rencontré.
Cette activité a bénéficié de la couverture officielle du gouvernement.
Je dis bien la couverture officielle du gouvernement.
Et Comment ?
Voilà une ONG qui opère en toute illégalité mais à la disposition de laquelle le gouvernement a mis du personnel de sécurité.
Le gouvernement a mis la police et la gendarmerie pour protéger leurs activités, le gouvernement les a autorisés à détenir et à porter des armes, donc c’est sous la couverture la plus officielle et avec la protection la plus officielle qu’ICC a opéré.
Ces activités-là, je suis désolé de le dire, ont été exercées avec la caution morale du Président de la République.
En effet, il reçoit les dirigeants d’ICC en audience publique, télévisée, radiodiffusée, avec déclaration à la sortie. Cela n’a pu que rassurer les pauvres épargnants.
Si le président de la République, banquier devant l’Eternel reçoit ces gens-là, c’est qu’ils sont bons. Dans tous les cas, c’est la réponse que nombre de petits épargnants m’ont fait ces jours ci.
Comment pouvons-nous le savoir puisque nous voyons qu’ils étaient reçus à la Présidence de la République. Nous ne pouvions pas penser que leurs activités étaient une activité illégale.
Chers amis, ces collectes de fonds, il faut le dire ont profité au gouvernement et à sa propagande.
Vous avez vu le matériel de propagande fabriqué à l’effigie du Président de la République par ICC, matériels distribués dans et à partir de la Présidence de la République. Des pagnes, des calendriers, du vin, du champagne….
Vous savez également que de nombreuses manifestations organisées par la mouvance présidentielle, telles les tournées en particulier ont été prises en charge par ICC, et nos investigations nous ont permis de découvrir que des proches parents du Président de la République sont directement impliquées dans les activités d’ICC et de ses filiales notamment la Société Nouvelle Alliance du Bénin (SNAB).
Chers amis, voilà de quoi il s’agit.
Ce scandale n’est que le dernier en date des scandales de corruption, de détournement, de prévarication qui ont jalonné les quatre années du régime du changement.
Dois-je vous rappeler le scandale des licences GSM dont nous savons aujourd’hui que les conditions dans lesquelles les licences ont été accordées font perdre au Trésor Public chaque année Quatre vingt-quatre milliards de nos francs ?
Dois-je rappeler le scandale de la SONAPRA où le ministre des travaux publics, alors Directeur Général de cette unité a détourné des centaines de millions ainsi que l’attestent les rapports des commissaires aux compte ? Cela fait deux ans que j’en fais état, personne n’a encore levé le plus petit doigt pour la contradiction.
Dois-je rappeler plus près de vous encore, le scandale de la CEN-SAD avec les surfacturations ? CIC, salle des conférences et les exonérations accordées à tour de bras aux amis ?
Dois-je vous parler du scandale du patrimoine immobilier de l’Etat ?
Cela viendra bientôt, car comme vous le savez, l’Etat est propriétaire de vastes domaines sur le front de mer de Cotonou et ça coûte cher. Le mètre carré ici coûte plus d’un million de nos francs. Et ces domaines -là ont été morcelés, vendus à des ministres et à des amis pour des sommes dérisoires. Ce qui coûte cent millions a été acheté à dix millions, à cinq millions. Alors que le petit travailleur béninois qui achète sa parcelle de terrain dans les marécages à Cotonou doit débourser au moins cinq ou dix millions pour avoir son coin de marécage...
Dois-je parler du scandale des machines agricoles surfacturées de plus de cinq milliards ?
Si je devais continuer, la liste serait longue et je n’en finirai pas.
Nous avons élu le président de la République pour que ça change. Il nous avait dit « ça va changer ! ça peut changer ! ça doit changer ! » Et en fait de changement, nous constatons que notre gouvernement est devenu la caverne d’Ali Baba.
Chers amis, puisque le mal est fait, puisque des victimes existent, puisque des préjudices ont été causés aux Béninoises et aux Béninois, il faut les rembourser. Est- ce qu’on peut laisser cela comme ça ? Il faut les rembourser.
Des pères de familles, des petits travailleurs, des paysans, des étudiants même qui ont mis, qui cinq cent mille, qui un million, qui un million cinq cent mille se trouvent aujourd’hui spoliés. Il faut les rembourser.
Alors qui doit les rembourser ?
Je crois que la justice et l’équité veulent que les premiers qui soient astreints à rembourser, soient ceux qui ont protégé ICC, qui ont couvert ses activités, qui ont profité de ses largesses et par conséquent, l’UN dit que c’est le docteur Yayi Boni en personne qui doit commencer à rembourser de ses deniers, de sa poche, les pauvres épargnants. Nous disons ensuite que doivent rembourser les ministres concernés. Car c’était à eux d’empêcher ICC de travailler, d’empêcher ICC de fonctionner comme il l’a fait. Ils ne l’ont pas fait.
Il faut qu’ils payent. Ils en ont les moyens. Ceux qui ont bénéficié de largesses d’ICC doivent payer et il s’agit évidemment aussi des dirigeants de la société elle-même.
Chers amis, si on ne commence pas par là, il n’y a pas de justice. Si on ne commence pas par là, il n’y a pas d’exemplarité et bientôt d’autres ICC vont sortir dans notre champ d’actualité.
Et ce que je voulais dire, c’est que nous avons élu le chef de l’Etat pour qu’il protège le peuple, pour qu’il travaille dans l’intérêt du peuple et non pas pour qu’il protège les escrocs. Ce faisant, il a violé son serment. Il a violé la constitution. Il a trahi la confiance placée en lui par le peuple et il doit être poursuivi devant la Haute Cour de Justice, lui et ses complices. Telle est notre position.
Comme vous le savez, on ne peut plus gouverner nos pays, mêmes République bananière comme on les gouvernait il y a cinquante ans. C’est le cinquantenaire bientôt, mais on ne peut plus gouverner le Bénin comme on l’a gouverné, il y a cinquante ans.
Aujourd’hui, chacun doit répondre de ce qu’il fait. Et c’est parce que le gouvernement sait que la sanction est inéluctable, qu’elle tombera tôt ou tard, que le gouvernement est en train de s’agiter pour retarder l’échéance, pour étouffer la vérité.
Alors que vous savez que la vérité est comme la fumée ? Vous mettez le panier dessus, ça sort de tous les cotés. Ce dossier est déjà au niveau de la presse internationale, qu’est ce qu’on veut cacher encore ?
C’est parce qu’ils espéraient cacher la vérité, retarder l’échéance qu’ils ont commencé par bâillonner les libertés publiques. Ils ont interdit à la presse d’en parler sous peine de menaces.
Mais comme je vous l’ai dit, le dossier est déjà connu. Ils interdisent aux victimes de s’organiser pour défendre leurs intérêts. Ces victimes sont obligées pour se défendre de rentrer dans les structures préparées par l’Etat. Et le gouvernement organise des marches bidon pour camoufler le crime économique. Comment les victimes d’une escroquerie peuvent-elles se mettre à marcher pour soutenir le principal responsable de l’escroquerie dont elles ont été victimes ?
Le gouvernement fait des arrestations folkloriques. Vous avez appris qu’on a arrêté ZINZINDOHOUE, on a arrêté le Procureur général, on a arrêté je-ne-sais-plus-qui ? On n’a pas commencé par arrêter les vrais responsables et on prend comme d’habitude des lampistes. Et vous allez entendre dans quelques jours, ZINZINDOHOUE va être relâché. Dans quelques jours, le procureur AMOUSSOU va être relâché.
Chers amis, c’est pour nous distraire donc qu’on est en train de les arrêter. Mais nous savons que LAWANI a ouvert un cabinet de consultant et qu’il pratique tranquillement au Bénin malgré les forfaits que le Chef de l’Etat lui-même lui a reprochés. Voilà Chers amis, chers compatriotes ce qu’est le régime du changement.
Ils font des perquisitions pour que le bon peuple croie qu’ils sont à la recherche des éléments constitutifs du délit. Les perquisitions qu’ils font, pour nous autres, n’ont pour but de détruire les preuves de leurs crimes avant que la justice ne s’en empare.
Et enfin, ils interdisent aux forces politiques comme nous autres de nous prononcer sous peine d’être sanctionné.
Chers amis, l’Union fait la Nation leur dit tout de suite qu’ils ont échoué !
Vive la démocratie !
Vive le Bénin !
Nous poursuivrons notre action !
Merci.
8 juillet 2010 Limogeage du Ministre de l’Intérieur :La « bombe » Icc services enterre Zinzindohoué Jamais un sans deux. Après Constant Amoussou précédemment Procureur général de la République, c’est Armand Zinzindohoué qui s’est vu retirer par le Chef de l’Etat, ses attributions de ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique. Comme dans le premier cas, il a été rattrapé par l’affaire Icc services. La liste noire s’élargit et Yayi Boni risque de décapiter son équipe avec les troublantes révélations d’hier, mercredi 07 juillet 2010 au Palais de la République. Jusqu’où ira le chef de l’’Etat Yayi Boni dans le dossier Icc services ? Tous ceux qui suivent son évolution s’interrogent de la même manière. Et s’ils s’intéressent aux différentes implications, ils ne doivent pas s’ennuyer avec ce que cela révèle chaque jour comme nouveauté. Hier, mercredi 07 juillet 2010, le Président de la République s’est séparé de son ministre de l’Intérieur et de la sécurité publique Armand Zinzindohoué au terme d’une longue séance de confrontation avec Emile Tégbénou, responsable Ouémé Plateau de la société Icc services. Une confrontation qui a débouché sur de troublantes révélations, qui sans doute ont fait dresser les cheveux sur la tête de Yayi Boni au point de déclencher sa colère. Il était très fâché après avoir écouté Emile Tégbénou, libre de ses mouvements au moment où ses acolytes sont privés de liberté depuis bientôt deux semaines. Les accointances du ministre de l’Intérieur avec cet homme et tous les autres responsables de Icc services ont provoqué une ébullition au Palais. Il est donc reproché à Armand Zinzindohoué, d’avoir protégé des personnes recherchées dans ce dossier, dont Emile Tégbénou, un analphabète de premier ordre, un ignare calfeutré, mais qui a le don de l’escroquerie. C’était quasiment un intouchable qui a fini par être ébranlé. Les forces de sécurité et de l’ordre ont dû redoubler de vigilance avant de mettre la main sur lui. A la faveur d’une perquisition menée dans son principal domicile, un permis de port d‘arme a été découvert. Il détient également trois armes, deux pistolets et un fusil à pompe. Une découverte qu’on était à mille lieues d’imaginer. Et le cerise sur gâteau, c’est que Emile Tégbénou se déplace avec un policier, qui assure sa garde. De quoi crever l’œil du chef de l’Etat, stupéfait. Comme « Le Matinal » l’a souvent écrit depuis que cette affaire a éclaté, c’est l’illustration parfaite de la complicité au sommet de l’Etat. Armand Zinzindohoué directement montré du doigt n’a pas pu se tirer d’affaires. Il ne pouvait en être autrement, d’autant que les différents rapports qui venaient d’être présentés au chef de l’Etat ont fait chuter sa crédibilité auprès de ce dernier. La rupture entre les deux hommes se précisait en fait depuis quelques jours, mais c’est seulement hier, que l’acte a été posé. Yayi Boni qui ne se sépare pas plus de son stylo depuis quelque temps en signant les nominations et les limogeages a signifié à son ministre de l’Intérieur qu’il ne fait plus partie de son équipe, soit deux semaines après avoir été reconduit à ce même poste très envié. C’est vraiment la fin brutale d’une idylle. Armand Zinzindohoué, un cacique, ou pour être plus précis, un faucon du régime du Changement, est tombé de sa plus mauvaise chute. L’un après l‘autre, ceux qui ferraillent dur dans l’entourage du chef de l’Etat passent à la trappe. Ça aurait pu être le cas de Victor Topanou, emporté par le dernier remaniement en date. Bien qu’il ne soit plus Garde des Sceaux, il a été rappelé au Palais de la République pour la confrontation. Il n’a pas été coincé. C’est plutôt le Procureur général de la République Constant Amoussou qui vient de faire les frais de la colère du chef de l’Etat dans cette affaire. Le Magistrat a été déposé tout simplement en violation de la procédure régulière. Ce n’est que le début du tsunami qui vient d’atteindre le sommet de l’Etat. Le ministre Armand Zinzindohoué n’a pas résisté à la tempête qui souffle et s’abat sur l’appareil d’Etat. Constat. Les deux premières victimes de ce tsunami proviennent du cercle fermé du chef de l’Etat. De plus, ce sont deux institutions, symboles du régime du Changement qui ont été touchées. La Sécurité et la Justice. Mauvaise image pour un pays qui s’organise pour émerger. FN
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